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Les
deux grands-mères
(Christiane et Christine) de Mathis
(° 2002),
pleines de fierté. En 2006, ce sera peut-être le
tour de Tanguy (° 2004). |
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Une assistance
multicolore de jeunes et de
moins jeunes. |
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Monsieur le directeur et membres du
corps enseignant, merci pour vos
efforts, grand-père de Mathis De
Brabandère (°2002), signé
JM-Kortrijk |
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INTRODUCTION: Adulte
INSPIRATION: La
philosophie de ce petit récit est
placée sous le signe de la chaleur
du foyer, l'enfant / l'adulte
apprend ce qu'est l'amitié.
ENFANT: Ce texte doit
uniquement servir de fil rouge, pour
pouvoir continuer à le raconter dans
le langage de l'enfant.
ADULTE: Le décalage
entre la poésie et les mots simples
de l'enfant dans le récit,
soulignent l'interaction entre
l'adulte et l'éternel enfant qui
existe en chacun de nous. |
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Les épaules tendues vers l'avant,
balançant sa puissante encolure de
droite à gauche et s'ébrouant pour
se donner des forces, le cheval
plante ses sabots dans la terre
fraîchement retournée.
Le lourd rouleau grince dans le dos
de Masque.
Le Fermier Jean marche en silence et
d'un pas assuré dans les traces
laissées par les sabots du cheval,
accompagné du petit Toine chaussé de
bottes de sept lieues. Le tintement
d'une clochette haut placée sur
l'encolure de Masque, adoucit le dur
labeur. |
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Dessin d'enfant de Peter |
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Le soleil encore assez bas frappe de
ses rayons la nuque ridée de Jean,
la chaleur dégagée par le grand
cheval leur chatouille les narines,
ils avancent, lentement mais
sûrement. Le trio aplatit les mottes
de terre, le rouleau les écrase dans
son va-et-vient.
Vers midi, les bottes du gamin
enserrent les épaules fumantes de
Masque.
Le corps puissant de Masque frémit;
prudemment, pour ne pas être un
fardeau, le gamin aide le lourd
cheval en accompagnant le mieux
possible les mouvements de son
échine.
"Cela ne se voit pas, mais le
Fermier Jean est heureux". |
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Le rouleau tambourine sur les pavés,
un grondement parfois assourdi pas
les mottes d'herbe des bas-côtés.
Ils viennent d'entrer dans le chemin
qui mène droit à la ferme. Jeune et
insouciant, un poulain les
accompagne en bondissant le long du
fil barbelé. Maman Jument, drapée
dans une couverture de laine, hennit
et en oublie un moment la verte
pâture. |
La petite maison que louaient les
parents de Toine n'était pas bien grande
et avait grand besoin d'un nouveau toit.
Dans le grenier où il avait récemment
accompagné sa Maman, Toine avait pu
apercevoir quelques pots disposés ça et
là, qu'il fallait vider sans tarder
après chaque grosse averse.
L'hiver dernier, Papa avait même
descendu une grosse boule de neige par
l'escalier raide, car les flocons tombés
la veille par les interstices entre les
tuiles avaient laissé un tapis de neige
dans le grenier.
Papa et Maman ne vivaient pas dans le
luxe, mais ils travaillaient dur et,
s'ils restaient en bonne santé et qu'ils
continuaient à travailler ainsi, Maman
avait calculé qu'ils pourraient un jour
acheter une maison.
La famille devait être économe. Toine
était fils unique et son meilleur copain
de jeu était Dolly, un petit chien
pétillant de vie. Quand ils traversaient
la maison en trombe, dans l'excitation
de leurs jeux, Maman en avait des
frissons.
Ce que le gamin avait mangé à midi
n'était pas important, car dehors il
faisait beau et le monde extérieur était
merveilleux.
Les espaces étaient si vastes qu'ils
excitaient l'imagination. On y respirait
à pleins poumons, aucun risque de
s'étouffer. A la campagne, la nature
pardonnait les plus grosses bêtises.
On n'y était pas plus gros qu'une tête
d'épingle, mais on ne le sentait pas.
Tout ce qu'on y voyait était nécessaire,
c'était comme ça de puis longtemps, et
il faisait bon y vivre. |
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Et voilà Toine, tourné vers le mur,
frappant de temps en temps le sol du
pied. Et Toine de s'ébrouer... à ses
côtés, un harnais fait d'une branche
et de ficelles.
Le gamin avait arraché cette branche
hier, le long du chemin. Tout ce
dont on a besoin pousse ici le long
des champs.
Bert viendrait plus tard, et alors
ils iraient avec leur petit chariot
de bois arpenter les chemins
défoncés. Bert était un peu plus
tard aujourd'hui, mais cela Toine ne
l'avait pas remarqué parce que Toine
était un cheval, et qu'un cheval
doit pouvoir rester longtemps sans
bouger dans l'écurie, perdu dans ses
pensées et frémissant de temps en
temps à de bons souvenirs, en
frappant lourdement le sol pour
montrer sa force et son courage. Et
il accepte de bon gré une tape
amicale sur l'encolure, car c'est
une marque d'amitié et ça fait du
bien.
Toine jouait toujours au cheval,
c'était un rôle qui lui plaisait.
Jouer au paysan, ça non, c'était
beaucoup trop facile. D'ailleurs,
comment pourrait-il jouer au paysan?
Toine, avec son âme de cheval,
commander un autre cheval? Il n'y a
rien à dire, parce que le cheval
sait tout ce qu'il doit faire. Le
soir tombait trop vite pour Toine
qui, ce soir-là, se sentait seul.
Et ce petit poulain qu'il avait vu
dans le pré, n'était-il pas seul lui
aussi?
N'était-ce pas pour lui que le petit
cheval avait accompagné l'équipage
jusqu'à la ferme? L'enfant avait
pitié du petit poulain, à l'idée
qu'en grandissant il ne lui
resterait plus qu'à travailler dur
et à rester souvent seul dans
l'écurie.
Maman, demanda l'enfant, plutôt que
d'acheter une maison, achète le
poulain du Fermier Jean. |
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Cheval perdu dans ses pensées |
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Maman prit le petit sur les genoux
et commença à raconter…
Il était une fois... Le gamin se
pelotonna sur les genoux de sa mère.
Dans une pauvre petite maison
délabrée, habitait une famille:
Papa, Maman et un petit garçon. Papa
et Maman devaient travailler dur et
gagnaient juste assez pour vivre.
Jeannot, le petit garçon, était un
gamin travailleur et allait aider le
Fermier Docus après l'école. Il
travaillait comme si c'était pour
lui-même, et le Fermier Docus lui
donnait pour cela un peu d'argent de
poche.
C'était le printemps et un petit
poulain était né dans la ferme de
Docus. Jeannot était immédiatement
tombé amoureux du petit poulain et
l'avait baptisé du nom de Masque, à
cause de la tache blanche qu'il
avait sur le front. Un bien beau
nom, lui avait-on dit.
Jeannot épargnait chaque sou gagné
le soir chez le Fermier Docus pour
racheter le petit poulain. Et aussi
incroyable que cela puisse paraître,
le petit garçon travailla tellement
pendant les vacances d'été qu'il
eut finalement réuni assez d'argent
pour acheter l'animal.
Le gamin ramena fièrement Masque à
la maison, et le lâcha sur un petit
lopin de terre loué au Fermier Docus.
Chaque jour, notre Jeannot apportait
à son petit protégé de l'herbe
fraîchement coupée sur le talus.
L'été touchait à sa fin, l'herbe
devenait plus rare et Jeannot avait
tellement de travail avec son
nouveau compagnon que le Fermier
Docus vit de moins en moins le gamin
venir travailler à la ferme.
Le froid arrivait et Jeannot se
disait depuis plusieurs jours que
Masque devrait avoir une écurie.
Mais n'ayant pas d'argent pour
construire une écurie, Jeannot
poussa le poulain par l'escalier de
l'entresol jusqu'au grenier, avec
l'aide de Papa et de Maman.
Qu'est-ce que les parents ne
feraient pas pour rendre leurs
enfants heureux? Mais Jeannot avait
fort à faire pour que le grenier
reste propre et que les odeurs ne se
répandent pas dans la maison, et la
tâche s'avéra trop dure.
Après une semaine, l'enfant ne
savait plus que faire et se
lamentait d'impuissance et de
tristesse. Il plongea sa tristesse
dans les grands yeux de son cher
Masque et comprit en un éclair ce
qu'il fallait faire….
Il avait tout fait pour avoir son
animal préféré à ses côtés mais il
ne s'était pas rendu compte que,
malgré toute sa bonne volonté, le
poulain n'était pas à sa place dans
l'obscurité du grenier.
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Le petit bonhomme lut dans
les grands yeux du cheval
son désir de se retrouver à
nouveau dans l'écurie du
Fermier Docus, à l'abri et
au chaud près de Maman
jument et de Papa étalon.
Qu'avait-il donc fait? La
place des chevaux n'est pas
auprès de pauvres gens, et
le soir, les poulains
préfèrent être auprès de
leur Maman jument.
En larmes, Jeannot demanda à
son Papa s'il ne voulait pas
aller revendre Masque au
Fermier Docus, car lui-même
n'osait pas le faire, étant
resté si longtemps absent de
la ferme.
Le fermier "rit". Il savait
bien que Jeannot ramènerait
Masque, et c'est pour cela
qu'il avait vendu le poulain
pour quelques sous d'argent
de poche. Docus connaissait
très bien le bon cœur de son
petit apprenti.
Docus lui ayant rendu les
quelques sous payés par
Jeannot pour le poulain,
Papa rendit à son tour
fièrement à son fils
l'argent que celui-ci avait
si durement gagné.
Le poulain bondit
joyeusement en revoyant
Maman jument et Papa étalon.
Le cœur de Jeannot s'emplit
de tendresse et de joie. Il
se sentait libéré et savait
désormais qu'il ne fallait
pas nécessairement posséder
son rêve pour être heureux. |
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Peter De
Brabandère (°1973)
près de l'écurie. |
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Jeannot dit: Papa, je t'aime, et
Maman est la plus gentille du monde
entier. Voilà tout mon argent, ce
n'est peut-être pas assez pour payer
votre rêve mais cela aidera
certainement à passer les longues et
difficiles journées de l'hiver. Et
il y eut désormais chaque jour du
feu dans la cheminée.
Maman, qui pendant tout le récit
avait regardé devant elle, posa
maintenant les yeux sur son Toine.
Et dans sa sagesse de mère, vit
qu'il y avait encore dans les yeux
de son fils.... des questions et du
chagrin!
Le poulain avait certes retrouvé
Maman jument et Papa étalon, mais il
devrait quand même travailler dur et
rester seul dans l'écurie quand il
serait grand, criaient les yeux
tristes de Toine.
Maman poursuivit son récit.
Tu sais, mon chéri, le poulain de
Jeannot avait lui aussi appris une
leçon, il savait maintenant que
certaines personnes avaient un cœur
d'or et qu'elles étaient prêtes à
tout pour le bonheur de leurs
chevaux. Et que ces personnes
iraient pour cela jusqu'au bout de
leurs forces.
Mais eux, chevaux, n'étaient-ils
justement pas les plus forts, et
pouvaient-ils trouver meilleure
façon de remercier leurs amis
humains qu'en leur offrant cette
force?
Sais-tu, mon chéri, que le Fermier
Jean et son cheval, ici à la ferme……
dit Maman à son fils. Toine posa son
doigt d'enfant sur les lèvres de
Maman et souffla chut….
Maman porta l'enfant dans son petit
lit et le borda doucement jusqu'aux
oreilles, Toine se pelotonna dans le
lit et Maman ajouta simplement:
Les chevaux dans l'écurie font de
beaux rêves quand ils vivent près de
personnes au grand cœur, et elle
tapota doucement la nuque de son
petit.
Dors bien, mon petit garçon. |
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Et on accepte de bon gré
une tape amicale sur la nuque, car c'est
une marque de tendresse et ça fait du
bien. Cette histoire, "A la ferme" a été
écrite pour mon fils Peter
De Brabandère (1973
Moeskroen),
et sortie de l'oubli pour mes
petits-enfants
Mathis (2002
Roeselare) et Tanguy (2004
Roeselare).
(JM-Kortrijk 'torenvalk') |
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Roger
(1923-1988) et sont fils Jean-Marie
De Brabandère (1947) |
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Roger et son fils Jean-Marie (alias
JM-Kortrijk 'faucon crécerelle') |
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Note:
Les prénoms utilisés rappellent les prénoms de nos
grands-parents qui habitaient le Rhodeshof. Pendant de
longues années, par leur exemple et au moyen de petites
histoires qu'ils avaient inventées, ces braves gens ont pris
le temps qu'il fallait pour donner une bonne éducation à
leurs enfants.
Voyez le bonheur du Fermier Jean, qui assied Toine sur le
dos de ce cheval travailleur, tout près de la petite
clochette.
Peut-être reconnaissez-vous la 'mère philosophique' de ce
petit récit, qui raconte son histoire avec amour. |
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"rien que du bonheur mais on ne le
voit pas", signé Fermier Jean.
J'aimerais terminer par un adage que
tout le monde connaît et qui était
fort apprécié par mon grand-père
maternel Achille Deput:
Là seulement peut vivre l'amour.
Là seulement la vie est douce,
où calmement et librement,
chacun fait tout pour l'autre. |
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valkenier-emoticon
(-: Emoticons Smileys :-)
http://www.emofaces.nl
  
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Jean-Marie De Brabandère (1947)
(alias
JM-Kortrijk 'faucon crécerelle
Wervik 1969) fs
(Roger DeBrabandère fs (Hector x
Juliana Vanneste) x Marie Deput fa
(Achille x Maria Knockaert))
des enfants
Peter De Brabandère x Veronique Verbeke
des petits-enfants Mathis De
Brabandère et Tanguy De Brabandère |
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Faire du
sport. Champ de tournesol.
Oekene (22 07 2008) |
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